Samedi 8 décembre 2012

     Contrairement aux prévisions, il ne pleut pas ce matin. Tant mieux, parce que quand ça tombe ici, c’est la douche, la vraie. Nous prenons un peu notre temps pour nous préparer, car la journée va être longue : hé oui, notre dernière journée au Vietnam est déjà là. Ce soir, nous rentrons au pays retrouver les frimas européens et les décos de Noël en phase avec leur saison. Après avoir bouclé les sacs, nous descendons faire le check-out et laissons nos bagages en dépôt à l’hôtel. Nous les récupèrerons ce soir avant d’aller à l’aéroport.

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Direction le Phuong Mai pour le petit déjeuner, comme le premier jour. Après tout, il nous avait laissé un bon souvenir. C’est là que se présente le choix délicat de la boisson : le jus de citron doit-il être choisi hot, warm ou ice ? That’s the question ! Finalement, j’opte pour le jus de pamplemousse (ça simplifie les choses). Tandis que Nathalie se lance sur le jus de citron. La serveuse a été très sympa, de prendre un peu de temps pour nous expliquer et nous conseiller. D’ailleurs, elle en profite aussi pour nous expliquer le principe su black coffee vietnamien. Vu ma profonde et indéfectible affection pour le café, depuis, j’ai oublié les explications.

En tout cas, le jus de citron hot, il paraît que c’est très bon. Quand au jus de pamplemousse… Oh my god ! I think I’m dead !

Après cet intermède ma foi bien sympathique, nous hélons un taxi pour nous conduire à Cholon, le quartier chinois.

Astuce : étant donnée la prononciation improbable de Cholon, le mieux est encore d’inscrire le nom de la rue sur un papier, avec les accents, et de le montrer au chauffeur. Arrivée à bon port garantie.

C’est parti pour une petite (grosse) session « visite de pagodes » avec décoration chargée et statues dans tous les coins.

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Le premier temple, Thien Hau, est dédié une fois encore à la Dame Céleste, déesse protectrice des navigateurs. Dans la deuxième, nous pouvons même assister à un rituel étrange, sorte d’exorcisme ou d’envoûtement. Ca laisse dubitatif. Moi, tout ce décorum, ça commence à me lasser. Je trouve que ça manque de simplicité et mon étroit esprit judéo-chrétien voit un peu ça comme de l’idolâtrie.

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Je sais, c’est pas bien, il faut avoir l’esprit ouvert. Mais au bout de tant de pagodes, j’aspire à retrouver la simplicité (relative) de nos lieux de culte. D’ailleurs, à la suivante, alors que Nath entre pour visiter, je préfère m’asseoir sur un banc dans la première cour pour l’attendre. C’est là que nous rencontrons un couple de français retraités vivant à Alicante et dont c’est le quatrième voyage au Vietnam. Comme ils sont très sympathiques, me rappelant certains autres retraités pleins d’entrain voyageur de ma connaissance, nous discutons un petit moment.

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Puis Nath et moi reprenons notre déambulation dans Cholon, Lonely Planet à la main, pour nous arrêter à l’église Cha Tam. J’aurais bien aimé voir la décoration d’une église catholique vietnamienne, mais malheureusement, elle est fermée.

Faisant demi-tour, nous repartons vers le marché Bin Thay en passant par la rue des décorations de Noël, toujours très décalée par cette température et ce grand soleil. Au marché, à l’inverse de partout ailleurs, pas d’interpellations pour acheter.

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C’est un marché local, et ici, c’est l’inverse de tout ce qu’on a vécu jusque là : nous sommes transparentes, limite dérangeantes. Alors que Nath aimerait bien acheter des chaussettes, il n’y a pas grand-monde pour s’intéresser à elle. En plus, il faudrait qu’elle prenne tout le lot de 25 paires ! Nous voilà devant l’étal des casques de scooters (dont quelques petites merveilles). Et là, pareil : le fait qu’on les essaie n’a pas l’air de plaire à la vendeuse. Bon ben c’est pas grave, on ira faire nos dernières courses à Ben Thanh, le marché à touristes.

Il est 13h30. J’ai faim ! Mais nous ne pouvons pas quitter Cholon sans passer par la rue des apothicaires et leurs devantures « Musée des horreurs ». Mais en fait de serpents, scorpions et autres bizarreries, nous verrons surtout des plantes séchées non identifiables. Nous finissons par prendre un taxi qui nous ramène vers le quartier du marché Ben Thanh. Il est plus de 14 heures quand je vais enfin pouvoir contenter mon estomac au Than Binh, une petite gargotte de cuisine de rue. Le patron parle très peu anglais mais nous arrivons à nous comprendre. La soupe de crabe et poulet est délicieuse, et je repars même avec des mangues séchées.

A l’intérieur du marché Ben Thanh, les allées sont larges, les stands mieux rangés, ça parle anglais. Tout est calibré pour le touriste. Même les prix. C’est pourtant là que je me suis le mieux débrouillée : au stand magnets et éventails, comme je n’ai pas assez d’argent, la vendeuse propose de m’accompagner jusqu’au distributeur.

« Ah, mais celui-là il prend une commission. Donc non, je vais pas retirer. » Elle propose alors de m’accompagner jusqu’au change… Sauf que j’ai rien à changer. Finalement, elle est OK pour la somme que j’ai dans mon porte-monnaie. Comme quoi, elle pouvait encore baisser ses prix ! « Toute affaire qui n’est pas conclue immédiatement est considérée comme perdue ». Mieux vaut retenir ce principe qui peut m’être utile un jour. Je décide donc d’aller retirer de l’argent à mon ATM préféré, mais avant, j’aimerais bien faire un tour pour évaluer combien il me faudra. Devant un stand de sacs (comme par hasard), nous commençons à négocier. Mais quand je montre mon porte-monnaie vide et lui dit que je dois aller retirer de l’argent, ça ne lui plaît pas, à cette bonne commerçante. Mais bon, c’est la vie, ma pauv’ Lucette. Je prends la carte du stand et sors du marché en lui disant que j’en ai pour dix minutes. Et quand effectivement je réapparais devant ses yeux ébahis, elle n’en revient tellement pas cette brave dame, qu’elle ne cherche même pas à discuter et m’offre bien volontiers une remise supplémentaire, avec deux marque-pages en prime.

Un peu plus loin, ce sont des jeux qui m’arrêtent. Mais je ne suis pas vraiment convaincue. Et ça, ça aide pour le marchandage. Le prix se divise rapidement par deux, puis finit par atteindre un niveau qui me décide. Du coup, je prends même quelques pochettes en soie. Mais au moment où je vais partir, le vendeur est appelé par son chef qui lui dit que je n’ai pas payé le jeu.

« Taratata ! Bien sûr que je l’ai payé ! Je me souviens même de ce que je vous ai donné comme billet, mon bon monsieur ! Même que j’allais partir quand c’est vous qui m’avez proposé de regarder autre chose. De toute façon, c’est simple : en arrivant j’avais 2 billets de 100, et là, j’en ai plus. »

Finalement, il me laisse partir sans faire plus d’histoires. Non mais il pensait quoi ? Qu’il allait se rattraper de cette façon ?

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En fin d’après-midi, je retrouve Nath qui a fait ses courses de son côté, et nous prenons la direction du Sheraton où nous avons décidé d’aller célébrer dignement notre dernière journée, au bar en terrasse, au 23ème étage, avec vue sur la ville et grands ventilateurs au plafond qui diffusent une petite brise tiède. Dommage que le ciel soit aussi couvert, car c’est le moment du coucher de soleil. En plus, c’est Happy Hour.

- Tu crois qu’il aurait fallu qu’on se change ? On va faire un peu tâche, non ?

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Vu comme le groupe à côté de nous est déjà bien bourré à 18h, je ne suis pas sûre que notre tenue soit le plus dérangeant. Pour moi, ce sera une caipirinha… Elle est sévère la caipi ! Pour le 2ème verre, je crois que je vais me rabattre sur un classique : jus de citron.

De retour à l’hôtel, nous récupérons nos sacs, nous changeons rapidement et prenons un taxi pour l’aéroport. Là, il faut faire emballer les sacs. Sauf que nous n’avons plus assez d’argent en dongs ni en dollars. Qu’à cela ne tienne. Le gars prend tout ce que nous avons et emmaillote les sacs. Nous qui avions peur qu’il nous reste de la monnaie impossible à écouler !

Nous passons dans la foulée au check-in, puis au contrôle des passeports et à la police. Là, je dépose mon premier sac, mes chaussures, puis dans une bannette, les menus effets et le petit sac des liquides. Je n’ai pas fini que la dame qui était derrière moi au contrôle des passeports et m’avait poussée pour que j’avance quand mon tour vint, est déjà en train de poser son sac pour me passer devant. D’une onomatopée et une interpellation bien senties accompagnées d’un regard qui tue, je lui fais comprendre qu’elle va devoir patienter 30 secondes parce que « C’est pas fini ! ». Voilà qui la remet à sa place. Je passe le portique sans encombre. Toujours pressée, elle passe directement derrière moi … et sonne. Bien fait ! La maligne n’avait pas déposé son sac à main. Et puis elle sonne aussi au 2ème passage, pour la peine. Bien fait !

Nous décollons à 23h15, comme prévu. On nous a collées au dernier rang et j’ai hérité de la place du milieu. Côté hublot, Nath. Côté allée, un monsieur d’environ 70 ans, très aimable. Mais grand et robuste. Une vraie force de la nature. Je me sens terriblement à l’étroit. Pas moyen de faire un mouvement. L’effet claustrophobe augmente encore après le repas quand la personne de devant abaisse son siège. Je ne peux me tourner ni à droite ni à gauche. Mes genoux touchent le siège. Faut que je sorte ! Je m’installe finalement par terre dans le couloir en me disant que si ça pose problème, les hôtesses viendront me le dire. J’arrive à somnoler comme ça 3 heures, la tête appuyée contre la paroi arrière du siège. Puis à 7 heures du matin (Heure de HCMV), je vais chercher un bol de nouilles dans le galet. Allez, j’ose : prenant mon courage à deux mains, je demande à l’hôtesse si je peux squatter le siège hôtesse et m’installe là pour somnoler le reste du voyage. OK, le siège ne s’incline pas, mais au moins je peux bouger et déplier les jambes. Et puis elles ont été sympas les hôtesses : même pendant les turbulences, elles m’ont laissée tranquille (bon, j’avais quand même passé les bras dans les sangles. Ce n’est qu’au moment de servir le petit déjeuner que la chef hôtesse m’a demandé de regagner mon siège. Il ne restait que 2 heures de vol. Mon voyage était sauvé.

Et voilà Paris, 6 heures du matin, 0°C. Ca pince, ça fait bizarre, mais ici, les décorations reflètent mieux l’esprit de Noël.

Bon ben cet aprem, je crois que je vais aller faire les boutiques.

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